Ce rapport propose une revue de la littérature scientifique publiée entre 2014 et 2024 sur la misogynie en ligne, la manosphère et leurs liens avec l’extrémisme. S’appuyant sur environ 560 documents recensés et une cinquantaine analysée en profondeur, il brosse un portrait structuré des formes contemporaines de violence genrée dans les environnements numériques, des dynamiques de diffusion propres aux plateformes, ainsi que des continuités entre le cyberespace et le monde hors ligne.
Le rapport montre comment la misogynie se manifeste (insultes sexistes, menaces, harcèlement coordonné, doxxing, diffusion d’images intimes sans consentement), pourquoi certaines personnes sont plus ciblées (jeunes femmes, personnalités publiques, journalistes, femmes racisées, musulmanes, autochtones ou LGBTQ+), et comment la manosphère (incels, MGTOW, pick-up artists, influenceurs masculinistes) structure des récits de victimisation masculine, de délégitimation du féminisme et de hiérarchisation du genre.
Une attention particulière est portée au mainstreaming : la manière dont des idées autrefois marginales se normalisent dans l’espace public via l’humour, les mèmes, la viralité et certains écosystèmes d’influence. Enfin, le rapport met en lumière le contexte québécois et canadien, où l’on observe des tendances comparables, un besoin de prévention et de soutien, ainsi que des défis persistants d’encadrement des plateformes.
Messages clés
- La misogynie en ligne est systémique et a des effets sur la santé mentale, la sécurité et la participation civique;
- La manosphère constitue un écosystème central de diffusion des idéologies masculinistes;
- Les plateformes jouent un rôle majeur dans l’amplification, le recrutement et la coordination;
- La misogynie peut agir comme passerelle idéologique vers d’autres formes d’extrémisme;
- Les violences s’inscrivent dans un continuum en ligne / hors ligne.
Pour consulter le rapport : pdf
- Posté par info-radical
- Le 28 janvier 2026
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