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Comment la reconnaître ?

Close-up image of a tired student in the hood at the lesson on the foreground


COMMENT LA RECONNAÎTRE ?

Les cas de radicalisation violente recensés au Québec et dans le reste du Canada confirment qu’il n’existe pas de profil type de l’individu radicalisé ; il est toutefois possible de décrire certains comportements qui sont souvent associés à un processus de radicalisation en cours. C’est sur cette base que le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) a élaboré un outil de prévention, le « baromètre des comportements », qui permet de distinguer les agissements préoccupants de ceux qui ne le sont pas.

Baromètre des comportements

Conçu comme un outil d’éducation et de sensibilisation destiné au grand public, aux intervenants de première ligne et aux milieux scolaires, sociaux, professionnels, etc., le baromètre des comportements simplifie la compréhension des phénomènes de radicalisation menant à la violence et présente les signes précoces auxquels il convient d’être attentif.
Le baromètre classe les comportements liés à la radicalisation sous quatre catégories, chacune étant identifiée par un code de couleur et correspondant à un niveau de gravité : non significatifs, préoccupants, inquiétants et alarmants.

Cette catégorie regroupe une série de comportements associés à des formes diverses d’engagement politique, religieux ou communautaire, caractérisées par des moyens d’action pacifiques et des méthodes d’expression démocratiques.
Quelques exemples :
– Argumenter avec ferveur pour défendre ses convictions auprès de ses proches
– Arborer des signes visibles (habit traditionnel, barbe, crâne rasé, symboles religieux, tatouages spécifiques, etc.) afin d’exprimer son identité ou son appartenance
– Montrer une présence active sur les réseaux sociaux
– Prendre position et militer pacifiquement afin de défendre une cause liée à une communauté, à un groupe ou à un individu
– Afficher un intérêt marqué pour l’actualité nationale ou internationale
– Exprimer une volonté de réintégrer ou d’approfondir une pratique religieuse ou un engagement identitaire ou politique
– Se convertir à de nouvelles croyances religieuses ou adopter de nouvelles croyances idéologiques ou politiques
– Demander un régime alimentaire particulier en raison de ses convictions politiques ou religieuses
– Exprimer un besoin de sensations fortes ou d’aventure
– Manifester un désir de corriger des injustices sociales
Cette catégorie comprend des comportements qui témoignent d’un mal-être individuel. Y sont également inclus des comportements qui montrent une identification croissante – et de plus en plus soutenue – de l’individu à une cause ou à une idéologie, ce qui le conduit à changer profondément ses comportements.
Quelques exemples :
– Exprimer un discours polarisant de vérité absolue, une paranoïa ou une méfiance extrême
– Adopter des comportements en rupture avec les pratiques familiales
– Développer une sympathie pour les discours et les thèses conspirationnistes
– Commencer à s’isoler de son entourage
– Changer subitement ses habitudes
– Ressentir un sentiment de victimisation et de rejet
– Faire du prosélytisme religieux ou idéologique avec insistance auprès d’autres individus
– Rejeter les règles et codes de vie des milieux fréquentés (école, lieu de travail, club de sport, etc.) au nom de croyances idéologiques, politiques ou religieuses
– Refus de participer à des activités collectives ou de côtoyer certaines personnes en raison de sa religion, de sa race, de sa couleur, de son sexe ou de son orientation sexuelle
– Chercher à dominer ou à contrôler les autres
– Avoir de la difficulté à remettre ses idées en question et/ou reconnaître la valeur d’autres points de vue
Cette catégorie englobe des comportements qui peuvent indiquer un début d’engagement de l’individu dans une trajectoire radicale, comportements qui se manifestent par une méfiance accrue à l’égard du monde extérieur et par une prépondérance des discours légitimant le recours à la violence comme moyen d’arriver à ses fins ou de faire triompher une cause à laquelle l’individu adhère.
Quelques exemples :
– Rompre avec ses proches pour se retrancher exclusivement auprès de nouveaux amis ou d’un cercle de connaissances
– Légitimer l’emploi de la violence pour défendre une cause ou une idéologie
– Dissimuler à ses proches un style de vie, une allégeance ou des croyances (dans le monde réel ou virtuel)
– Se rapprocher d’individus ou de groupes reconnus comme étant des extrémistes violents Se désintéresser soudainement de ses activités scolaires ou professionnelles
– Arborer des symboles d’appartenance et de soutien associés à des groupes reconnus comme extrémistes violents
– Devenir obsédé par la fin du monde ou les discours messianiques
– Adopter un discours haineux à propos d’autres individus ou d’autres groupes
Cette catégorie inclut un ensemble de comportements témoignants d’une allégeance exclusive et sectaire à une idéologie ou à une cause, conduisant l’individu à entrevoir la violence comme le seul moyen d’action légitime et valable.
Quelques exemples :
– Participer d’une quelconque façon (matériellement, financièrement ou physiquement) aux activités de groupes extrémistes violents
– Recruter des individus au nom d’une cause extrémiste violente (ou encourager leur adhésion à cette cause)
– Fréquenter, dans le monde réel ou virtuel, un groupe ou un réseau d’individus reconnus comme étant des radicaux violents
– Consolider sa pensée en consultant régulièrement, sur Internet, des forums ou des sites extrémistes violents
– Commettre ou planifier des actes violents ou haineux motivés par une idéologie ou par une cause extrémiste violente
– Se renseigner, vouloir acquérir ou s’exercer à manier des armes (armes à feu, explosifs, etc.) en dehors d’un contexte règlementaire
– Planifier un voyage dans des zones de conflit ou dans des régions reconnues pour être le terrain d’action des groupes extrémistes violents
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Le baromètre permet donc de mieux interpréter la signification des comportements observés : ainsi, certains peuvent sembler graves, tandis qu’en réalité, ils ne sont pas significatifs lorsqu’il s’agit de radicalisation (p. ex., arborer des signes visibles afin d’exprimer son identité n’est pas un facteur critique) ; d’autres comportements, au contraire, peuvent être banalisés ou mal compris, alors qu’ils devraient éveiller l’attention, ou même alarmer l’entourage (p. ex., adopter un discours déshumanisant à propos d’autres groupes est considéré comme un comportement inquiétant).
Le baromètre des comportements se veut un instrument pédagogique, qui ne doit pas être vu comme un outil exhaustif de dépistage ou de détection des situations de radicalisation : il a pour utilité première d’aider les personnes préoccupées par un proche à cibler les comportements à propos desquels elles doivent demeurer vigilantes.

Conseils pour une bonne utilisation du baromètre des comportements

Quiconque souhaite utiliser le baromètre du CPRMV doit savoir que les comportements d’un individu ne sont généralement pas associés à une seule catégorie du baromètre ; par exemple, une personne peut manifester des comportements diversifiés, couvrant les quatre catégories du baromètre en même temps. En fait, la réalité démontre bien souvent qu’un individu présente une combinaison de comportements, allant de ceux dits non significatifs à d’autres dits inquiétants.
C’est pourquoi il importe que l’appréciation des comportements d’une personne à l’aide du baromètre ne se fasse pas uniquement d’un point de vue quantitatif (c’est-à-dire en prenant en compte dans quelle catégorie nous retrouvons le plus de comportements), mais davantage sur une base qualitative (c’est-à-dire en considérant quels comportements sont les plus significatifs au regard du fonctionnement de l’individu).
Par ailleurs, il faut toujours tenir compte du fait que certains comportements d’un individu pourraient être attribués à d’autres problématiques sans lien avec la radicalisation, telles que son état de santé mentale, ou encore, chez l’adolescent, un trouble d’opposition. C’est pourquoi l’observation des comportements liés à la radicalisation doit se faire dans un contexte d’évaluation globale, permettant d’écarter toute autre explication pouvant justifier ces comportements chez l’individu.

Besoin d’assistance ou d’accompagnement ? Contactez directement le CPRMV.

Le baromètre peut servir à renseigner les citoyens et les citoyennes sur les comportements observables en matière de radicalisation menant à la violence, ou encore, permettre aux proches touchés par ce phénomène d’être à l’affût des signes pertinents.
Toutefois, le CPRMV recommande impérativement à toute personne se référant au baromètre de contacter la ligne Info-Radical (514 687 7141 à Montréal, et 1 877 687 7141 partout au Québec) pour comprendre ou interpréter les comportements d’un tiers.
En effet, le baromètre n’étant pas un outil d’évaluation clinique, les intervenants du CPRMV peuvent vous guider plus sûrement dans une évaluation complète et précise de la situation et, au besoin, établir avec vous les avenues d’intervention possibles.

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