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Radicalisation

Radicalisation : La connaître et la reconnaître

Définition – Radicalisation menant à la violence

Il n’existe pas de véritable définition universellement sur le phénomène de radicalisation menant à la violence. Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) la définit toutefois comme étant un processus selon lequel des personnes adoptent un système de croyances extrêmes – comprenant la volonté d’utiliser, d’encourager ou de faciliter la violence – en vue de faire triompher une idéologie, un projet politique ou une cause comme moyen de transformation sociale.

Le processus de radicalisation menant à la violence constitue un cheminement, non linéaire et non prédéterminé, tracé par une multiplicité de facteurs – tant individuels et collectifs, que sociaux et psychologiques. Il est le résultat d’une convergence entre un parcours individuel et un système de croyances justifiant le recours à la violence, lequel peut être exacerbé par la perception d’une menace identitaire et morale, et attisé par les réseaux sociaux (réels ou virtuels). De nature complexe, la radicalisation menant à la violence nécessite donc une approche à la fois individualisée et globale.

Jusqu’à présent, aucun lien n’a été établi entre la radicalisation violente et les caractéristiques d’un individu sur le plan socio-économique (origine sociale ou niveau de richesse), ethnoculturel (nationalité, confession ou pratique religieuse) ou psychologique. De plus, il est important de préciser que la radicalisation menant à la violence n’est pas le fait d’une maladie mentale (psychose, dépression, idées suicidaires, schizophrénie, etc.).
En résumé, la radicalisation violente est :

  • un processus graduel de désocialisation;
  • l’adoption d’un système de croyances extrêmes;
  • la fusion entre l’idéologie et l’action violente.

Exemples de groupes radicaux

Tous les groupes sociaux – qu’ils soient religieux, politiques, culturels ou environnementaux – peuvent compter des membres radicaux prônant l’utilisation de la violence pour atteindre leurs objectifs.

Quelques exemples de groupes radicaux :

  • Au Québec, le Front de libération du Québec (FLQ) a été considéré comme un groupe radical violent pendant les années 1960 et 1970.
  • Au Canada, mentionnons deux groupes qui ont fait état de leur violence : le groupe Babbar Khalsa, derrière les attentats d’Air India en 1985, et l’Armée secrète arménienne pour la libération de l’Arménie (ASALA), qui a occupé l’ambassade de Turquie à Ottawa en 1985.
  • Des groupes environnementaux ou autochtones ont également été ciblés, dont La société des guerriers mohawks et Squamish Five.
  • Certains groupes d’extrême droite sont aussi considérés comme des groupes radicaux, par exemple : les skinheads, les néonazis, les suprématistes.
  • Des groupes djihadistes, dont Al-Qaïda, l’État islamique (EI) et Boko Haram, figurent aussi parmi les organisations mondiales capables de mener à la radicalisation.

Certains signes inquiétants

Les cas de radicalisation violente au Québec et dans le reste du Canada confirment qu’il n’existe pas de profil type de l’individu radicalisé. Il est toutefois possible d’observer certains signes qui pourraient laisser présumer un processus de radicalisation :

  • Rupture avec la famille, les amis et les proches;
  • Isolement et repli sur soi (abandon scolaire, arrêt des activités et des loisirs);
  • Fréquentation de nouveaux groupes de pairs ou d’un réseau de nouvelles connaissances;
  • Dérives idéologiques et adoption d’un discours clivant ou polarisant;
  • Rejet des valeurs et des règles du système sociétal;
  • Perte du sens critique;
  • Conception de la violence comme d’un moyen légitime pour atteindre ses visées.

Certains facteurs de vulnérabilité

Bien qu’on ne puisse pas établir le portrait type d’un individu radicalisé ou en voie de l’être, certains facteurs laissent à penser qu’une personne pourrait être plus vulnérable qu’une autre et adhérer plus facilement à une idéologie radicale.

Le genre

Les garçons sont plus nombreux que les filles à joindre des groupes radicaux prônant la violence, même si certaines filles sont quand même recrutées par de telles organisations.

L’isolement

Les individus isolés socialement ou faiblement entourés sont plus vulnérables et, donc, plus à risque de faire l’objet de manipulations.

La stigmatisation

Les individus qui se sentent stigmatisés ou humiliés, victimes de discrimination ou d’intimidation, avec un fort sentiment d’injustice, d’échec personnel et d’aliénation sociale sont également plus à risque de subir l’ascendant de groupes radicaux.

Épisodes de vie difficiles

Les individus qui traversent des épisodes de vie difficiles (rupture amoureuse, dépression, perte d’emploi, période de questionnement spirituel, etc.) peuvent vouloir rechercher une affiliation ou une appartenance, incluant la participation à un groupe radical.

Intolérance à l’ambiguïté

Les individus qui peinent à établir des nuances et à relativiser sont plus enclins à se raccrocher à des idéologies simples et stéréotypées.

Fréquentation d’un réseau social radical (réel ou virtuel)

Les réseaux sociaux constituent un moyen d’endoctrinement en matière de radicalisation menant à la violence. Les groupes extrémistes n’utilisent généralement pas les réseaux virtuels traditionnels (Facebook, Twitter, YouTube) pour recruter leurs membres : ils utilisent plutôt d’autres plateformes de recrutement, telles que : Ask.fm, KIK Messenger, WhatsApp, etc.

Certains facteurs de protection

Inversement, certains facteurs peuvent constituer des forces qui permettront à un individu de résister plus facilement à l’endoctrinement.

Facteurs personnels de protection

  • Tolérance devant l’ambiguïté et l’incertitude
  • Sentiment d’acceptation sociale et d’appartenance collective
  • Bonne estime de soi
  • Gestion adéquate des émotions et des conflits
  • Jugement moral développé
  • Empathie pour les autres
  • Opportunité de défendre une cause de façon prosociale

Facteurs familiaux et sociaux

  • Relation de qualité avec un adulte significatif
  • Relations saines avec les proches, les enseignants, les intervenants, les pairs, etc.
  • Appartenance à un réseau social affichant de la modération et ne supportant pas la violence
  • Participation à des activités parascolaires
  • Exercice d’un métier, d’une profession; emploi